Ana Ana – Alexis Dormal et Dominique Roques

J’aime beaucoup Pico Bogue… C’est une des BD devant lesquelles je peux me mettre à rire toute seule, touchée par les réflexions de ce gamin ébouriffé!Pico bogue - Légère contrariétéPico bogue - Question d'équilibre La parution des aventures d’Ana Ana, sa petite sœur, a donc retenu mon attention, et j’avais pensé les offrir pour Noël à mon frère, grand fan de Pico Bogue lui aussi. Puis j’ai trouvé autre chose… et heureusement, car c’est ce qu’il m’a offert!

Ana Ana - Déluge de chocolatDeux tomes sont parus, Douce nuit et Déluge de chocolat, qui mettent en scène Ana Ana et ses doudous, au moment de s’endormir pour le premier, et cuisinant un gâteau au chocolat pour le deuxième. C’est une BD qui s’adresse vraiment aux plus jeunes, et j’ai été un peu déçue au début de ne pas retrouver l’humour des albums de Pico Bogue.

Et puis je me suis laissée prendre au jeu, il y a quelques situations et répliques drôles, surtout dans Déluge de chocolat, mon préféré. Si ces histoires manquent un peu d’épaisseur pour un adulte, elles sont drôles, faciles à lire, et devraient plaire aux plus jeunes.

En tout cas, l’arrivée de nouvelles BD pour les plus jeunes, aux côtés de Petit Poilu, Polo, ou Monsieur Blaireau et Madame Renarde est toujours une bonne nouvelle!

So.

Ana Ana, tome 1 : Douce nuit, tome 2 : Déluge de chocolat, 28 pages, parus en octobre 2012 aux éditions Dargaud.

Les trois lumières – Claire Keegan

Les trois lumières-Claire KeeganTôt un dimanche matin, dans la chaleur du début de l’été irlandais (oui oui, selon Claire Keegan, l’été peut être chaud en Irlande), un père conduit sa fille chez de lointains parents, les Kinsella. La toute jeune fille, dont nous ne connaîtrons jamais le prénom, se retrouve chez ces inconnus, sans vêtement de rechange (son père ayant oublié de lui laisser son sac), dans cette grande ferme perdue dans la campagne irlandaise. Elle découvre alors un autre monde, une autre façon de concevoir la famille. Chez elle, les marmots sont nombreux (sa mère est d’ailleurs à nouveau enceinte), ça crie, ça boit. Ici, c’est calme, chaque parole est réfléchie. Là-bas, on imagine qu’elle se débrouillait toute seule; ici, elle est entourée, chouchoutée. Alors bien sur, les Kinsella ne sont pas parfaits. Ils sont rongés par la peur, la culpabilité et le deuil de leur petit garçon. Mais ici, la jeune fille apprendra ce qu’être aimée veut dire. Et à aimer en retour.

Il s’agit d’un roman encore une fois court, tout comme l’est pour la jeune fille, cet été chez les Kinsella. En lisant divers commentaires et résumés, je me suis rendue compte qu’aucun n’était identique. Chacun s’attache aux détails qui lui parlent le plus. Une très bonne découverte pour moi!

(Par contre, je n’ai pas éclairci le mystère du titre…)

Les trois lumières de Claire Keegan, traduit de l’anglais par Jacqueline Odin paru en avril 2011 aux éditions Sabine Wespieser

Pourquoi être heureux quand on peut être normal? – Jeanette Winterson

pourquoi être heureux...Il y a ce titre, d’abord, qui m’est longtemps resté en tête, entre le moment où je l’ai entendu pour la première fois jusqu’à ce que je réussisse à mettre la main sur ce livre.

Puis l’écriture, très forte, qui m’a surprise au début : je m’attendais à un roman et non à ce récit autobiographique. Jeanette Winterson raconte son enfance, dans le nord industriel de l’Angleterre, enfant abandonnée et adoptée par une famille pentecôtiste, une femme incapable de relations sociales et un homme effacé. Elle raconte sa rage, sa difficulté de grandir dans ce milieu dénué d’amour, l’enfant en colère qu’elle était, et aussi sa découverte des mots et des livres. Elle raconte aussi son attirance pour les femmes, violemment réprouvée par sa mère qui la fera exorciser. Adulte, elle raconte encore ses difficultés à se sentir chez elle, ses difficultés dans ses relations aux autres, sa recherche de sa mère adoptive…

Elle raconte mais apporte aussi des réflexions, des questionnements… C’est une lecture qui m’a remuée, touché, wah!! Et qui m’a donné envie de lire ses autres livres…

So.

Pourquoi être heureux quand on peut être normal, de Jeanette Winterson, traduit de l’anglais par Céline Leroy,  éditions de l’Olivier, mai 2012.

L’amour commence en hiver – Simon Van Booy

L'amour commence en hiver-Simon Van BooyUne moufle dans sa poche. Bruno ne peut jouer de son violoncelle sans cette moufle. C’est grâce à elle et pour celle qui l’a un jour portée qu’il joue chaque soir dans les plus grandes salles de concert du monde.

Des glands dans sa poche. Hannah vit pour et par ses glands.

Tous deux vivent en dehors du monde, accrochés à leurs souvenirs, solitaires. Le hasard fait bien les choses, les glands d’Hannah et la moufle de Bruno vont se heurter, s’apprivoiser et s’aimer.

Il ne s’agit pas dans cette nouvelle d’une énième histoire d’amour. Il s’agit d’abord d’une rencontre. D’un miracle. Loin d’être rose, ce court roman est plutôt teinté de gris. Il s’agit ici du premier roman publié en français de Simon Van Booy, auteur anglais qui vit aujourd’hui aux États-Unis, il a remporté avec ce texte le Frank O’Connor International Short Story award.

Tout en délicatesse, précieux et doux, je vous conseille de le lire roulé dans une couette, au chaud.

L’amour commence en hiver de Simon Van Booy, traduit de l’anglais par Micha Venaille (et quelle traduction!) paru en août 2012 aux éditions Autrement.

Les orphelines d’Abbey Road, t.1: Le diable vert – Audren

les orphelines d'abbey road-AudrenJoy, Prudence, Margarita et Ginger s’ennuient dans l’orphelinat d’Abbey Road, tenu par des sœurs plutôt sévères; les jeunes filles n’ont pour seules occupations que de laver les sols, travailler, obéir, prier et remercier le petit Jésus et Lady Bartropp, la bienfaitrice de l’orphelinat.

Alors parfois, pour sortir de leur quotidien morose, les jeunes filles s’aventurent dans les recoins de l’abbaye. Un soir, Prudence (qui aurait mieux fait de s’appeler intrépide) se lance seule, dans l’exploration des caves. Le lendemain, elle est méconnaissable, silencieuse et choquée. Les jours passent et son état de santé s’aggrave. Ses amis enquêtent pour savoir ce que peuvent bien receler les sous-sols de l’abbaye et peut-être ainsi parvenir à sauver leur amie.

Coup de cœur d’une des librairies que je fréquente, attirée par la jolie couverture, intriguée par la 4ème de couverture qui promettait un roman fantastique, au côté vieille Angleterre (les noms des personnages principaux laissent pense que l’action se situe en Grande Bretagne), j’étais pressée de lire ce roman d’Audren dont je n’avais rien lu jusqu’alors. Grande fut la déception. Le début est lent, la fin trop rapide (Le « Je suis ta mèèèère! » bâclé en 10 lignes) et entre les deux, c’est mou. Je me suis ennuyée. La mayonnaise ne prend pas (sur moi), impossible de m’imagine déambuler dans cet orphelinat avec les jeunes filles. Dommage.

Les orphelines d’Abbey Road, t.1: Le diable vert d’Audren, paru en septembre 2012 aux éditions de l’École des loisirs.

Yotsuba&! – Kiyohiko Azuma

YotsubaYotsuba a 5 ans, quatre couettes de cheveux verts, de l’énergie à revendre et un enthousiasme sans bornes pour le monde qui l’entoure. Quand la série commence, elle et son père viennent d’emménager en ville, et Yotsuba découvre les balancoires, les magasins, les climatiseurs…

C’est drôle, c’est simple, ces petits instants de vie quotidienne sont un vrai régal, et après avoir dévoré les 11 tomes que compte la série pour l’instant, je veux la suite!!

A lire dès 8-9 ans, mais aussi adulte, bien entendu…

So.

Yotsuba&! de Kiyohiko Azuma, publié par Kurokawa. 11 tomes en français, série en cours au Japon.