Cul de sac – Richard Thompson

cul de sac« Préface de Mo Willems, élu meilleur auteur de livres pour enfants par le New York Times ». Mo Willems, l’auteur des Guili Lapin… Je suis faible, j’avoue, cette phrase sur la couverture a suffi pour que j’emprunte cette BD.

Et je ne l’ai pas regretté. Dans sa (très drôle) préface, donc, Mo Willems dit ceci : « Tout dessinateur digne de ce nom sait qu’après les Peanuts de Schulz et le Calvin et Hobbes de Watterson, il ne reste rien de nouveau à faire en bande dessinée sur les gamins de banlieue. Tous sauf M.Thompson, semble-t-il, qui parvient à renouveler le genre en associant une colérique précoce et un misanthrope paranoïaque, dans un monde surréel parfaitement crédible. Grr… »

Tout est dit. La colérique précoce, c’est Alice, la petite fille qui danse sur une bouche d’égout. Le misanthrope paranoïaque, c’est Petey, son grand frère, le rouquin plongé dans sa BD. Et c’est génial! J’ai ri comme pas souvent devant une BD…

Et en plus, Jeux d’enfants est un tome 2. Il existe donc un tome 1! Il s’appelle Sortie de secours, et est paru en 2010… Il y a 3 ans! Mais comment j’ai pu passer à côté pendant si longtemps?

Cul de sac, tome 2 : Jeux d’enfants, de Richard Thompson, traduit par Anne Capuron. Edité par Delcourt, 2012, 127 p.

So.

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Black out – Brian Selznick

black outBrian Selznick est l’auteur de L’invention d’Hugo Cabret, un gros roman raconté en mots et en images, dont l’intrigue tourne autour du personnage de Georges Méliès. J’avais beaucoup aimé ce roman, et surtout la façon dont l’histoire est en partie racontée par les dessins, très nombreux, un peu à la manière d’une suite de plans cinématographiques. (Par contre, les ados à qui je l’ai présenté sont peu nombreux à l’avoir apprécié…) Un film en a été tiré en 2011, réalisé par Martin Scorsese.

Black out est son dernier roman, dans lequel la narration est également assurée en partie par les illustrations. Deux histoires se déroulent en parallèle : en mots, celle de Ben, en 1977, et en image, celle de Rose, en 1927. Ben vit chez ses cousins depuis la mort de sa mère. Devenu sourd pendant une nuit d’orage, il s’enfuit pour partir à la recherche de son père qu’il n’a jamais connu. Rose, elle, est une jeune fille sourde qui vit quasi-enfermée chez elle. Elle fugue et part à la découverte de New-York. Et bien entendu, ces deux histoires vont finir par se croiser…

Peut être parce que l’effet de surprise n’est plus là, j’ai été plutôt déçue par ce deuxième roman… Les thèmes abordées sont intéressants (le monde des sourd-muets, les musées new-yorkais…), mais je ne suis pas entrée dans l’histoire, trop invraisemblable, et qui m’a laissée assez indifférente. Dommage…

Black out de Brian Selznick, traduit de l’anglais par Danielle Laruelle, édité par Bayard jeunesse, 636p.

So.

L’ours Barnabé – Philippe Coudray

L'ours Barnabé-Philippe CoudrayIllustration naïve, enfantine. Strip en 6 cases. Très peu de texte. Un ours, un lapin. C’est donc de suite rangé dans les rayons jeunesse des librairies ou des bibliothèques. Erreur fatale!

L’ours Barnabé n’est pas que pour les enfants, il est aussi pour les adultes! Comme peut l’être Mafalda, Calvin et Hobbes, L’ours Barnabé est une BD absurde, drôle et philosophique parfois. Un petit bijou.

En plus, la maison d’édition La boîte à bulles a eu la bonne idée de sortir trois intégrales réunissant tous les strips de l’Ours Barnabé. Oh! La bonne idée.

Pour des raisons de droit d’auteur, je ne mettrais pas de strip sur le blog, mais cliquez donc par ici: Liberté, liberté chérie ou par là: L’amour

L’ours Barnabé de Philippe Coudray, intégrale, t. 1 à 3 publiés aux éditions La boîte à bulles.

Cécile.

Mapuche – Caryl Férey

Mapuche-Caryl FereyVingt fois que j’essaie et que je réessaie d’écrire une note sur ce bouquin sans y parvenir. Cette fois-ci, c’est la bonne. Caryl Ferey est un auteur français et moi, les auteurs français qui n’écrivent pas de roman jeunesse, j’aime pas (bon, parfois je lis et j’aime). Mais souvent, je n’aime pas. Caryl Fery est auteur de polar. Et là, moi je pense qu’à part Agatha Christie (oui, je sais, ce n’est pas du polar, c’est du roman policier!), personne n’a jamais réussi à vraiment m’emporter dans son récit.

Il faut donc croire contre toute attente, que quand le polar est français, j’aime. J’adore même.

Mapuche se déroule en Argentine. Loin des images clichées de tango, pampa et de bœuf délicieusement tendre (nourri aux hormones peut-être, mais qu’est-ce qu’il est bon!), Caryl Férey nous plonge dans une histoire glauque à souhait.

Deux paumés, Jana et Ruben, marginaux tentant de garder la tête hors de l’eau chacun à leur manière, enquêtent sur les meurtres d’un transsexuel et d’une fille à papa de la bonne société argentine. Ce qui fait la richesse du roman n’est surement pas là. Le plus important dans l’histoire? L’Histoire, avec un grand H. En effet, l’enquête nous conduit très vite dans les conséquences de la dictature militaire de la fin des années 70 et du début des années 80: les assassinats et les enlèvements d’enfants d’opposants au régime. Il y a également le passé de Jana, Mapuche déracinée dans cette cité gigantesque qu’est Buenos Aires.

C’est peut-être ça qui est finalement difficile à décrire dans une critique de quelques lignes: l’ambiance du roman; ces personnages laissés pour compte, oubliés qui tentent pourtant de se rappeler aux bons souvenirs de quelques gros bonnets bien tranquilles. Le travail de Caryl Férey est énorme: un travail d’historien, de sociologue et de romancier. Il s’imprègne du pays pour en devenir Argentin lui-même tout comme il l’avait fait pour Zulu, son précédent roman qui se situait en Afrique du Sud. C’est un travail remarquable et bien loin du nombrilisme auquel beaucoup d’auteur français sont habitués (je vous ai déjà dit que je n’aimais pas beaucoup les auteurs français?).

Revue Long Cours

A lire, à relire, à faire partager. Bonne lecture!

Et un dernier petit conseil: vous pouvez également lire l’excellente revue « Long Cours » (n°2) qui contient un article rédigé par Caryl Férey, « Machi » qui décrit sa rencontre avec le peuple Mapuche côté Chili.

Mapuche de Caryl Férey édité par Gallimard dans la collection Série noire et sans oublier la Revue Long Cours (n°2), toute jeune revue qui vaut le détour. 

Cécile.

Spin – Robert Charles Wilson

Wilson-SpinTyler, 12 ans, et  ses voisins Diane et Jason, 13 ans jouent dans le jardin, un soir d’octobre, quand les étoiles disparaissent. Cinq ans plus tard, les scientifiques parviennent à comprendre que depuis ce jour, une sort de barrière entoure la Terre, et que de l’autre côté de cette barrière, le temps s’écoule beaucoup, beaucoup, plus vite. Dans le reste de l’Univers, il s’est écoulé cinq cent millions d’année depuis l’évènement d’Octobre…

Qui a pu mettre en place cette barrière? Combien de temps reste t-il avant que le soleil meurt? Comment une société peut vivre avec ces questions?

Difficile d’en raconter plus sans trop en dévoiler, mais il y a plusieurs retournements de situation vraiment intelligents, et j’ai progressé avec un vrai plaisir dans ce roman, sans jamais m’ennuyer. Il y a 2 autres tomes qui suivent, Axis et Vortex, que j’ai hâte de lire, mais dans ma bibli, ils n’ont acheté que le tome 1… (heureusement que je peux me fournir ailleurs!)

Après avoir dévoré Andreas Eschbach, Neil Gaiman et China Mievielle, je crois que j’ai trouvé mon nouvel auteur SF à suivre! (D’ailleurs, si vous avez des suggestions dans ce genre, je suis preneuse!)

Spin de Charles Robert Wilson, traduit de l’anglais (canadien) par Gilles Goullet, édité par Denoël, collection Lunes d’Encres.

So

J’ai décidé – Isabelle Rossignol

j'ai décidéCynthia, 17 ans, dans une cité de La Courneuve, découvre qu’elle est enceinte. Complètement perdue, elle en discute avec différentes personnes, qui ont toutes des avis très tranchés. Pour sa copine Lulu, catholique fervente, l’avortement c’est le diable et il est hors de question qu’elle tue une ange innocent. Pour Fatima, une fille de sa classe engagée dans une association de la cité pour les droits des femmes, il n’y a pas à discuter : c’est l’IVG, sans réfléchir. Et sa prof de français lui donne à lire des textes de Simone de Beauvoir.

C’est clairement un texte militant, avec une volonté d’information (tout, vous saurez tout sur la pilule du lendemain, le planning familial et l’IVG), dans une langue très orale et un contexte très concret, facile à lire. Un roman surement utile, mais dont le côté documentaire prend pour moi le pas sur le côté romanesque (pas beaucoup de suspense sur la décision que prendra finalement Cynthia…)

J’ai décidé d’Isabelle Rossignol, éditions Flammarion collection Tribal.

So.

Je m’appelle Mina – David Almond

jemappelleminaOu plus exactement : Je m’appelle Mina et j’adore la nuit. Tout semble possible quand le reste du monde est endormi, pour citer le titre complet.

J’ai adoré ce roman très poétique, très fort, ce personnage de Mina : jeune fille d’une dizaine d’année, sensible, curieuse et solitaire, en décalage avec les enfants de son âge, très touchée par la mort de son père, scolarisée à la maison car elle se sentait en prison à l’école. Ce roman est son journal, où elle joue avec les mots, savoure leurs sonorités, apprivoise les évènements en les racontant sous forme d’histoires, invente des « activités hors-pistes »… Sa mère l’accompagne avec une grande compréhension sur son chemin vers les autres. C’est très créatif, complètement à hauteur d’enfant et très profond, bref, j’ai été très touchée par ce livre! Et je serai curieuse d’avoir un avis d’enfant sur ce livre…

Je m’appelle Mina de David Almond, traduit de l’anglais par Diane Ménard, éditions Gallimard jeunesse.

So.

Une île trop loin – Anika Thor

une ile trop loinDeux sœurs, Nelli et Steffi, juives et autrichiennes. Au début de la seconde guerre mondiale, leurs parents voient la situation des juifs se dégrader et souhaitent mettre leurs filles à l’abri, en attendant un départ aux États-Unis. Nelli et Steffi se retrouvent ainsi en Suède, sur une petite île au large de Göteborg, accueillies chacune dans une famille différente. Nelli, la plus jeune, s’habitue assez facilement à sa nouvelle vie, sa nouvelle famille, apprend vite le suédois, se fait des amis, tandis que Steffi, l’aînée, vit plus difficilement ce changement. Le couple qui l’accueille est austère, elle s’inquiète énormément pour ses parents.

Au fil des années, on suit son combat pour continuer ses études, pour avoir des nouvelles de ses parents, sa culpabilité d’être en sécurité tandis qu’eux sont déportés, ses relations avec sa petite sœur qui oublie sa langue maternelle et veut se faire adopter par sa famille d’accueil…

Ça fait au moins 4 ans qu’on m’a recommandé ce roman : l’histoire ne m’attirait pas, encore un roman triste, des enfants juifs pendant la guerre… Et puis j’ai entamé le premier tome, et j’ai lu les 4 avec beaucoup de plaisir! En abordant la second guerre mondiale légèrement de côté, par la vie quotidienne de ces deux sœurs, en Suède, l’auteur réussit à traiter ce sujet de manière différente et très réussie.

Une intégrale est parue en 2012, qui regroupe les 4 tomes de cette saga : Une île trop loin, L’étang aux nénuphars, Les profondeurs de la mer, et Vers le large.

Une île trop loin d’Annika Thor, traduit du suédois par Agneta Segol, éditions Thierry Magnier. Prix Tam Tam 2003 catégorie Je bouquine.

So.