Mapuche – Caryl Férey

Mapuche-Caryl FereyVingt fois que j’essaie et que je réessaie d’écrire une note sur ce bouquin sans y parvenir. Cette fois-ci, c’est la bonne. Caryl Ferey est un auteur français et moi, les auteurs français qui n’écrivent pas de roman jeunesse, j’aime pas (bon, parfois je lis et j’aime). Mais souvent, je n’aime pas. Caryl Fery est auteur de polar. Et là, moi je pense qu’à part Agatha Christie (oui, je sais, ce n’est pas du polar, c’est du roman policier!), personne n’a jamais réussi à vraiment m’emporter dans son récit.

Il faut donc croire contre toute attente, que quand le polar est français, j’aime. J’adore même.

Mapuche se déroule en Argentine. Loin des images clichées de tango, pampa et de bœuf délicieusement tendre (nourri aux hormones peut-être, mais qu’est-ce qu’il est bon!), Caryl Férey nous plonge dans une histoire glauque à souhait.

Deux paumés, Jana et Ruben, marginaux tentant de garder la tête hors de l’eau chacun à leur manière, enquêtent sur les meurtres d’un transsexuel et d’une fille à papa de la bonne société argentine. Ce qui fait la richesse du roman n’est surement pas là. Le plus important dans l’histoire? L’Histoire, avec un grand H. En effet, l’enquête nous conduit très vite dans les conséquences de la dictature militaire de la fin des années 70 et du début des années 80: les assassinats et les enlèvements d’enfants d’opposants au régime. Il y a également le passé de Jana, Mapuche déracinée dans cette cité gigantesque qu’est Buenos Aires.

C’est peut-être ça qui est finalement difficile à décrire dans une critique de quelques lignes: l’ambiance du roman; ces personnages laissés pour compte, oubliés qui tentent pourtant de se rappeler aux bons souvenirs de quelques gros bonnets bien tranquilles. Le travail de Caryl Férey est énorme: un travail d’historien, de sociologue et de romancier. Il s’imprègne du pays pour en devenir Argentin lui-même tout comme il l’avait fait pour Zulu, son précédent roman qui se situait en Afrique du Sud. C’est un travail remarquable et bien loin du nombrilisme auquel beaucoup d’auteur français sont habitués (je vous ai déjà dit que je n’aimais pas beaucoup les auteurs français?).

Revue Long Cours

A lire, à relire, à faire partager. Bonne lecture!

Et un dernier petit conseil: vous pouvez également lire l’excellente revue « Long Cours » (n°2) qui contient un article rédigé par Caryl Férey, « Machi » qui décrit sa rencontre avec le peuple Mapuche côté Chili.

Mapuche de Caryl Férey édité par Gallimard dans la collection Série noire et sans oublier la Revue Long Cours (n°2), toute jeune revue qui vaut le détour. 

Cécile.

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