Sylvain Tesson en 3 récits

 Je suis liée à SPetit traité sur l'immensité du mondeylvain Tesson depuis 8 années et je dois avouer que c’est le seul auteur vivant qui me donne cette joie de lire sur une si longue période. Je l’ai découvert avec Petit traité sur l’immensité du monde, et moi qui voyageait encore beaucoup en avion à l’époque pour  découvrir de nouveaux horizons  je me suis sentie toute drôle en lisant cet homme, de ma génération, parisien de naissance, qui écrit ce qu’il vit, la marche lente à travers une région, des montagnes, un désert. Certes il prend parfois le train, le cheval ou le vélo pour se déplacer mais ce sont surtout ses jambes qu’il actionne et son cœur qu’il met au rythme de ses escalades pour avancer sur une terre qu’il aime. Il évoque dans ce petit traité l’image du Wanderer chère à Goethe, celui « que nul lien n’attache, capable de répondre à l’appel du dehors sans accorder uDans les forets de Sibérien regard à ce qu’il abandonne ».

Pour me consoler de ne pas réussir à tout abandonner, j’ai lu son récit de six mois passés dans une cabane de garde forestier dans les forêts du sud de la Sibérie, sur les bords du lac Baïkal.  Il y est parti avec une liste d’objets, de nourriture et de livres digne d’un roman de Jack London et ses journées étaient étonnantes à chaque instant entre la pêche à travers la glace, les randonnées, le bois à couper, les visites surprises de quelques amis. Je n’ai pas seulement admiré cet homme face à la solitude et volontaire un peu fou pour se les geler par moins 30 mais j’ai beaucoup ri, quand il se biture à tout alcool bon à avaler et qu’il divague alors entre amour perdue et considérations philosophico-ethyliques.géographie de l'instant

Dans Géographie de l’instant, Sylvain Tesson restitue les bloc-notes qu’il a rédigés pour le magazine Grands Reportages et divers journaux entre 2006 et 2012. Ces formes brèves lui ont permis d’aborder un tas de sujets qui lui tenaient à cœur : la disparition de la biodiversité dans les campagnes françaises,  la montée en puissance des religions dans ce qu’elles ont de plus fanatique, l’excision des femmes qui se poursuit, en France aussi. Avec son style alerte, aux mots aiguisés, il lance une pensée et la rattrape, c’est politique, poétique, géographique, historique, tantôt le ton est grave, tantôt léger, toujours juste, l’auteur ne triche pas avec nous, il nous livre ce qu’il a pensé, peu importe que l’on soit d’accord ou choqué.

Et j’avoue, je suis tombée amoureuse de ces dernières lignes qui sont une ode à la lecture : Lire rend beau dit Sylvain. « Suis-je aveuglé par ma passion ? Il m’a toujours semblé que les filles qui lisaient dans les trains étaient les plus jolies. » Terminant par une pointe d’humour : « Lire, c’est la plus élégante manière de pratiquer la politique de l’autruche. »

Petit traité sur l’immensité du monde, Editions des Equateurs, 2005
Dans les forêts de Sibérie, Gallimard, 2011
Géographie de l’instant,  Editions des Equateurs, 2012

Sandra.

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