Dans tes rêves – Johan Eliot

Dans tes rêves-Johan HeliotAuteur inconnu. Collection Rageot Thriller inconnue (que croyais-je!). Alors je me suis lancée à l’aveugle dans ce roman pour adolescent. De thriller, il n’est point, nous sommes plutôt ici dans le fantastique.

Après un accident de voiture qui a tué ses parents et son petit frère, Cassy, 14 ans, se réveille d’une longue période de coma avec d’étranges pouvoirs. Elle est capable de s’immiscer dans les rêves des gens. Accueillie au Sanctuaire, lieu qui regroupe les gens dotés des mêmes pouvoirs, Cassy développe son pouvoir grâce à l’aide de son mentor Edgar. Elle devient une espionne redoutable, capable de s’introduire dans les rêves de ces « cibles » pour dévoiler leurs plus terribles secrets. Mais à quel escient? La rencontre avec Jan dans un rêve va faire vaciller les convictions de Cassy.

Autant le dire tout de suite, je n’ai pas été convaincue par ce roman. L’idée de base tout en n’étant pas mauvaise, n’était pas très originale. De plus, tout est beaucoup trop facile: Cassy se laisse convaincre en deux coups de cuillère à pot, trahit son monde en quelques pages. Le final, qu’on attend explosif dans ce genre de roman est raplapla, mou et cerise sur le gateau, moralisateur. Bref. Quelqu’un peut me dire pourquoi on l’a acheté?

En farfouillant un peu, je me suis rendue compte que j’avais déjà lu un roman de cette collection. Lui aussi ne m’avait pas laissé un souvenir impérissable: Spiral de Paul Halter

Dans tes rêves de Johan Heliot, Rageot Thriller, octobre 2013

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La quête d’Ewilan – Pierre Bottero

Bottero, j’en avais beaucoup entendu parler, et beaucoup en bien, mais je n’avais jamais ouvert un de ses bouquins. (Enfin si, j’avais lu Le chant du troll, et j’avais pas du tout accroché!). Et puis, en préparant un accueil de classe sur le thème »garçons-filles », je suis tombée sur cette bibliographie, réalisée par la BDP du Lot et Garonne. Bibliographie passionnante, très fouillée, qui donne envie de lire plein de romans, et, p.38-40, ceux de Bottero :

« L’œuvre de Pierre Bottero occupe à cet égard une place emblématique tant il est naturel pour lui que la femme soit traitée en égale de l’homme, libre de choisir son destin truffé d’obstacles qu’elle surmonte, et ce grâce à une grande intelligence, beaucoup de sensibilité et de charisme. »

Et un peu plus loin : « A la question de savoir si Gwendalavir est un double inversé de notre monde pour les relations hommes-femmes, il répondait : «  J’aime imaginer Gwendalavir comme un monde où les hommes et les femmes vivent une véritable égalité. Une égalité de fait et de conscience, si évidente qu’elle n’a besoin d’aucune lutte ou revendication pour exister. Pas un double inversé donc mais une projection oxygénante de notre monde dans un avenir qu’il nous reste à construire. »

La quête d'Ewilan J’ai plongé dans le premier tome de La quête d’Ewilan, puis dans les 2 autres tomes de la trilogie, puis dans les deux trilogies qui suivent, Les Mondes d’Ewilan et Le Pacte des Marchombres. Une adolescente ordinaire plongée dans un monde parallèle, où elle découvre ses pouvoirs, une mission à accomplir pour sauver le monde, des amis fidèles, des histoires d’amour, de nombreux rebondissements, des dialogues percutants… Des ingrédients ordinaires, mais ça fonctionne à merveille, c’est ultra prenant. J’ai compris l’enthousiasme de ses fans!

Bref, après un mois à m’enfiler les romans de Bottero (et bien après la rencontre avec les collégiens), j’ai repensé à la représentation des hommes et des femmes dans ses romans. Alors oui, le personnage principal des deux premières trilogies est une fille, Ewilan, comme Ellana l’est dans Le Pacte des Marchombres. Ewilan grâce à son don (l’art du dessin), Ellana grâce à un entrainement intensif luttent à armes égales avec les hommes, de même que Siam la guerrière. Ellana insiste auprès d’Ewilan sur l’importance de ne pas dépendre des hommes, de ne pas les laisser prendre de décisions à leur place.

Mais. On est loin de la parité, il y a quand même beaucoup d’hommes autour d’elles (Salim, Edwin, Bjorn, Artis, Maniel, Duom, Chiam Vite….).

Les femmes, si elles ne sont pas de redoutables guerrières, risquent partout les mauvaises rencontres, drague lourde, viols etc, ce qui contredit quand même l’idée de Gwendalavir comme monde où hommes et femmes vivent une véritable égalité. (Bon, les hommes risquent aussi de se faire tuer et détrousser, les temps sont durs à Gwendalavir en cette époque trouble).

La première mission d’Ewilan n’est pas de sauver le monde, mais d’aller chercher son frère pour qu’il s’en charge.

Quand (attention spoil!) Ellana a un bébé, on ne voit pas du tout le papa s’en occuper, il continue de vaquer à ses occupations (oui, il doit sauver le monde, mais Ellana aussi, non?), loin d’eux.

Quand Jilano, le maitre marchombre d’Ellana, lui apprend que son propre maitre était une femme, Ellana est surprise…

Alors ça n’enlève rien à la qualité de ses romans, ni au plaisir de lire des romans avec des héroïnes intelligentes, déterminées et autonomes. Je trouve juste qu’on est pas encore à la véritable égalité hommes-femmes promise par la bibliographie, même si on est sur le bon chemin!

Les trilogies La quête d’Ewilan, Les Mondes d’Ewilan et Le Pacte des Marchombres, de Pierre Bottero, éditions Rageot.

So.

Skellig – David Almond

skelligAprès avoir adoré Je m’appelle Mina, j’ai lu qu’il faisait écho à un roman plus ancien de David Almond, Skellig. J’étais donc curieuse de le lire, et impatiente de retrouver les personnages et l’ambiance que j’avais tant aimé dans Je m’appelle Mina. D’ailleurs, la couverture est tellement moche que je pense que je ne l’aurais pas ouvert sinon…

L’intrigue est cette fois tournée autour du personnage de Michael, le voisin de Mina, qui vient d’emménager. Un petite sœur vient de naître, de santé très fragile, et toute la famille est suspendue à ses allers-retours à l’hôpital. La maison nécessite des travaux, en particulier le cabanon au fond du jardin, qui menace de s’écrouler. Michael a donc interdiction d’y entrer, et donc, va aller l’explorer. Il y découvre un personnage couvert de poussière et de toiles d’araignées, qui mange des insectes, peut à peine bouger, et qui a de drôles d’excroissances dans le dos…

Avec Mina, ils vont essayer de prendre soin de lui, et de découvrir qui il est.

J’ai trouvé ce roman magnifique, lumineux, poétique… J’ai adoré retrouver Mina, observer avec elle un nid de merles et s’émerveiller des premiers vols des oisillons, admirer les chouettes… Mina et Michael forment une belle équipe, avancent avec force et l’esprit ouvert. On ne sait jamais si on est dans le fantastique ou dans le réel, un peu comme dans Le sauvage, du même auteur, ou dans Quelques minutes après minuit. Un vrai coup de cœur!

En cherchant des infos sur ce livre, j’ai découvert qu’un film avait été tiré de ce roman en 2009, en voici la bande annonce :

Skellig de David Almond, éditions Flammarion jeunesse, 1998.

So.

Spin – Robert Charles Wilson

Wilson-SpinTyler, 12 ans, et  ses voisins Diane et Jason, 13 ans jouent dans le jardin, un soir d’octobre, quand les étoiles disparaissent. Cinq ans plus tard, les scientifiques parviennent à comprendre que depuis ce jour, une sort de barrière entoure la Terre, et que de l’autre côté de cette barrière, le temps s’écoule beaucoup, beaucoup, plus vite. Dans le reste de l’Univers, il s’est écoulé cinq cent millions d’année depuis l’évènement d’Octobre…

Qui a pu mettre en place cette barrière? Combien de temps reste t-il avant que le soleil meurt? Comment une société peut vivre avec ces questions?

Difficile d’en raconter plus sans trop en dévoiler, mais il y a plusieurs retournements de situation vraiment intelligents, et j’ai progressé avec un vrai plaisir dans ce roman, sans jamais m’ennuyer. Il y a 2 autres tomes qui suivent, Axis et Vortex, que j’ai hâte de lire, mais dans ma bibli, ils n’ont acheté que le tome 1… (heureusement que je peux me fournir ailleurs!)

Après avoir dévoré Andreas Eschbach, Neil Gaiman et China Mievielle, je crois que j’ai trouvé mon nouvel auteur SF à suivre! (D’ailleurs, si vous avez des suggestions dans ce genre, je suis preneuse!)

Spin de Charles Robert Wilson, traduit de l’anglais (canadien) par Gilles Goullet, édité par Denoël, collection Lunes d’Encres.

So

Les orphelines d’Abbey Road, t.1: Le diable vert – Audren

les orphelines d'abbey road-AudrenJoy, Prudence, Margarita et Ginger s’ennuient dans l’orphelinat d’Abbey Road, tenu par des sœurs plutôt sévères; les jeunes filles n’ont pour seules occupations que de laver les sols, travailler, obéir, prier et remercier le petit Jésus et Lady Bartropp, la bienfaitrice de l’orphelinat.

Alors parfois, pour sortir de leur quotidien morose, les jeunes filles s’aventurent dans les recoins de l’abbaye. Un soir, Prudence (qui aurait mieux fait de s’appeler intrépide) se lance seule, dans l’exploration des caves. Le lendemain, elle est méconnaissable, silencieuse et choquée. Les jours passent et son état de santé s’aggrave. Ses amis enquêtent pour savoir ce que peuvent bien receler les sous-sols de l’abbaye et peut-être ainsi parvenir à sauver leur amie.

Coup de cœur d’une des librairies que je fréquente, attirée par la jolie couverture, intriguée par la 4ème de couverture qui promettait un roman fantastique, au côté vieille Angleterre (les noms des personnages principaux laissent pense que l’action se situe en Grande Bretagne), j’étais pressée de lire ce roman d’Audren dont je n’avais rien lu jusqu’alors. Grande fut la déception. Le début est lent, la fin trop rapide (Le « Je suis ta mèèèère! » bâclé en 10 lignes) et entre les deux, c’est mou. Je me suis ennuyée. La mayonnaise ne prend pas (sur moi), impossible de m’imagine déambuler dans cet orphelinat avec les jeunes filles. Dommage.

Les orphelines d’Abbey Road, t.1: Le diable vert d’Audren, paru en septembre 2012 aux éditions de l’École des loisirs.

Legend t.1 – Marie Lu

June est une petite prodige destinée à une glorieuse carrière dans l’armée. Day est le criminel le plus recherché du territoire. Quand Day est accusé du meurtre du frère de June, la jeune fille n’a plus qu’un seul objectif: traquer ce criminel. Elle doit pour cela rejoindre les quartiers pauvres, là où Day a ses habitudes, pour tenter de le retrouver.

Avec le succès de la trilogie Hunger Games de Suzanne Collins , une petite floppée de romans de science fiction pour les ados voient le jour (même si pour être tout à fait exacte, j’ai comme l’impression que la mode a démarré il y a 5-6 ans). La nouvelle série Legend surfe sur ce succès. Sans pour autant révolutionner le genre, ce premier tome n’est pas désagréable. Les personnages sont attachants et le style entrainant. Il manque simplement le petit quelque chose en plus qu’avait Hunger games!

Pour info, le t.2 sortira aux USA en janvier 2013 (www.legendtheseries.com)

Legend t.1 de Marie Lu publié en septembre 2012 aux éditions Castlemore

Quelques minutes après minuit – Patrick Ness

d’après une idée originale de Siobhan Dowd

Conor est un jeune garçon à la vie bien compliquée. Sa mère est gravement malade, ses copains se moquent de lui, sa grand-mère est revêche, son père a refait sa vie de l’autre côté de l’océan, aux USA. Non, Conor n’est pas heureux, loin de là. Un soir, quelques minutes après minuit, Conor fait un cauchemar: l’arbre de son jardin, un énorme if prend vit sous les traits d’un monstre hideux et lui impose d’écouter une histoire. Conor est soulagé quand il ouvre ses paupières. Un cauchemar, rien qu’un cauchemar. Pourtant, au réveil, quand il met un pied hors de son lit, il piétine quelques épines d’if…

Encore un roman triste pour les enfants. Voilà ce que je me disais en ouvrant Quelques minutes après minuit. Alors oui, c’est triste. Ce gamin est seul face à la maladie de sa mère, il ne sait comment la gérer, ne veut pas en parler et tous les adultes autour de lui sont aussi perdus que lui. L’ambiance du roman est particulièrement réussie: l’alternance entre la vie de Conor le jour, surement trop concrète pour un enfant de son âge et sa rencontre fantastique avec l’arbre gigantesque la nuit, fonctionne parfaitement. Cette ambiance fantastique est renforcée par les illustrations très sombres de Jim Kay. A lire et à conseiller aux lecteurs à partir de 12-13 ans!

Quelques minutes après minuit de Patrick Ness d’après une idée de Siobhan Dowd, illustré par Jim Kay. Publié en avril 2012 aux éditions Gallimard Jeunesse.