Le roman d’Ernest et Célestine – Daniel Pennac

roman-d-ernest-et-celestinePar curiosité, j’ai emprunté Le roman d’Ernest et Célestine de Pennac, le roman tiré du scénario du film tiré des albums de Gabrielle Vincent. Parce que j’ai lu les albums toute petite, que je les trouve magnifique encore maintenant que je suis grande, que j’aime ces belles aquarelles, ces petites histoires du quotidien, si tendres… J’ai vu le film cet hiver, que j’ai trouvé très chouette : c’est pas la même chose, pas la même ambiance, mais c’est drôle, vivant, beau… Allez, un petit coup de bande annonce :

Du coup, quand le roman m’est passé entre les mains, j’ai eu envie de voir ce qu’il y avait dedans. C’était il y a peut être deux mois, j’ai lu le début, je l’ai reposé, mollement repris, réoublié, et je viens de le retrouver dans ma pile de livres de la bibli… Autant dire que j’ai pas accroché. C’est vrai qu’il n’y avait pas beaucoup de suspens : c’est l’histoire racontée dans le film, ni plus, ni moins. Mais surtout, j’ai été agacée par le style d’écriture : narrateurs qui interpellent le lecteur, ton outré…

Ernest et Célestine

Bref, j’ai pas accroché. Je vais plutôt me relire quelques albums, tiens…

Plus sur le film, c’est ici ou .

Le roman d’Ernest et Célestine de Daniel Pennac, éditions Casterman, 2012.
Les albums d’Ernest et Célestine, de Gabrielle Vincent, éditions Duculot puis Casterman.

So.

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Skellig – David Almond

skelligAprès avoir adoré Je m’appelle Mina, j’ai lu qu’il faisait écho à un roman plus ancien de David Almond, Skellig. J’étais donc curieuse de le lire, et impatiente de retrouver les personnages et l’ambiance que j’avais tant aimé dans Je m’appelle Mina. D’ailleurs, la couverture est tellement moche que je pense que je ne l’aurais pas ouvert sinon…

L’intrigue est cette fois tournée autour du personnage de Michael, le voisin de Mina, qui vient d’emménager. Un petite sœur vient de naître, de santé très fragile, et toute la famille est suspendue à ses allers-retours à l’hôpital. La maison nécessite des travaux, en particulier le cabanon au fond du jardin, qui menace de s’écrouler. Michael a donc interdiction d’y entrer, et donc, va aller l’explorer. Il y découvre un personnage couvert de poussière et de toiles d’araignées, qui mange des insectes, peut à peine bouger, et qui a de drôles d’excroissances dans le dos…

Avec Mina, ils vont essayer de prendre soin de lui, et de découvrir qui il est.

J’ai trouvé ce roman magnifique, lumineux, poétique… J’ai adoré retrouver Mina, observer avec elle un nid de merles et s’émerveiller des premiers vols des oisillons, admirer les chouettes… Mina et Michael forment une belle équipe, avancent avec force et l’esprit ouvert. On ne sait jamais si on est dans le fantastique ou dans le réel, un peu comme dans Le sauvage, du même auteur, ou dans Quelques minutes après minuit. Un vrai coup de cœur!

En cherchant des infos sur ce livre, j’ai découvert qu’un film avait été tiré de ce roman en 2009, en voici la bande annonce :

Skellig de David Almond, éditions Flammarion jeunesse, 1998.

So.

La vraie couleur de la vanille – Sophie Chérer

la vraie couleur de la vanilleTout a commencé (enfin, mon intérêt pour ce livre) en décembre dernier, au salon du livre de Montreuil, quand Sandra a eu une belle dédicace de Sophie Chérer dans Ma Dolto, et qu’une autre copine venue acheter L’huile d’olive ne meurt jamais est repartie avec La vraie couleur de la vanille. Et avec cette question qu’elle nous a posée, et que l’on retrouve dans son roman : c’est de quelle couleur, pour vous, la vanille?

C’est l’histoire d’Edmond que Sophie Chérer nous raconte, sa vision de l’histoire en tout cas, reconstituée à partir du peu d’éléments historiques existants. Nous sommes sur l’île Bourbon, avant qu’elle devienne l’île de la Réunion, avant l’abolition de l’esclavage, au milieu du 19è siècle.

Feréol Bellier Beaumont, botaniste blanc, recueille l’enfant d’une esclave morte en couche. Ignorant les remarques de la bonne société de l’île, il le baptise Edmond, l’élève comme le ferait un père (ou presque), lui apprend la botanique. Et alors que les meilleurs botanistes du monde cherchent en vain une méthode pour féconder la fleur de vanille (fécondation qui se produit très rarement dans la nature), Edmond découvre comment faire. Mais il est noir, c’est un esclave, un enfant… Personne n’est prêt à lui accorder le bénéfice de cette découverte, qui va enrichir tous les propriétaires de l’île, et même Ferréol ne va le défendre que très mollement…

C’est une histoire vraie assez incroyable, dont les épisodes imaginés par Sophie Chérer sont très crédibles. Les personnages d’Edmond et de Feréol sont intéressants, surtout Feréol d’ailleurs, très partagé, ambigu. Le contexte est bien rendu également, j’étais à la Réunion dans les champs de canne à sucre… J’ai moins aimé la deuxième partie du roman, forcément plus sombre,où l’on ressent avec force l’injustice faite à Edmond – mais c’est parce que j’aime les histoires qui finissent bien!

Un autre livre a été consacré à cette histoire, Couleur vanille par Béatrice Nicodème, aux éditions Oskar, que je n’ai pas lu.

l'huile d'olive ne meurt jamaisma doltoLe roman que je préfère le plus de Sophie Chérer reste L’huile d’olive ne meurt jamais, une très belle histoire d’amour, de mafia et de courage… Et Ma Dolto, Sandra, ça donne quoi?

La vraie couleur de la vanille, de Sophie Chérer, collection Médium à L’école des loisirs, 2012.

So.

Omakayas – Louise Erdrich

omakayasC’est en faisant du pilon dans les rayons de la bibliothèque que je suis tombée sur Omakayas et Le jeu du silence, qui lui fait suite, de Louise Erdrich. J’avais découvert Louise Erdrich l’année dernière avec Le jeu des ombres, un roman adulte que j’avais adoré, dans lequel une femme découvre que son mari lit son journal intime, et décide alors de le manipuler à travers ce qu’elle y écrit… J’étais donc curieuse de découvrir ses romans jeunesse.

Omakayas raconte la vie d’Omakayas (« Petite Grenouille »), petite fille de 7 hivers, et de sa famille pendant une année, dans le nord de l’Amérique. On découvre leur vie très liée à la nature, leurs déménagements au fil des saisons, la difficulté de passer l’hiver très rude, leurs croyances, les travaux quotidiens (tannage, couture, chasse, récolte…), il y a un coté ethnologue qui est passionnant. L’utilisation de nombreux mots ojibwé renforce également le sentiment d’immersion dans cette communauté.

C’est aussi très vivant, on est plongés dans le quotidien de la famille, les relations entre les différents membres de la communauté… Ainsi que les rapports avec les Blancs, qui sont de plus en plus présents. Les personnages sont forts, bien campés. Omakayas particulièrement est très attachante, vive et réfléchie, et porteuse d’un secret qu’elle découvrira à la fin du roman.

le jeu du silenceL’intrigue du roman Le jeu du silence se situe deux ans plus tard, et son ton est plus sombre : les Blancs ont publié un ordre d’évacuation, poussant les ojibwé à se déplacer à l’Ouest, territoire d’une communauté ennemie. Le ton reste cependant lumineux, plein d’espoir.

Louise Erdrich est américaine, de mère ojibwé, et elle est (d’après Wikipédia) une figure de la renaissance de la littérature amérindienne. Elle s’est inspirée de l’histoire de sa famille pour écrire ces deux romans. Publiés dans la collection Médium, ces romans peuvent être lus dès 10-12 ans, mais aussi, bien sûr, par tout adulte curieux de cette culture…

Omakayas et Le jeu du silence de Louise Erdrich, éditions L’école des loisirs, collection Médium, 2002 et 2008.

So.

La balade de Yaya – Jean-Marie Omont et Golo Zhao

la balade de yayaChine, 1937. Yaya, jeune fille d’une riche famille, est impatiente de passer son concours de piano. Mais c’est la guerre, et tout est chamboulé : ses parents décident de partir pour Hong Kong. Malgré tout, Yaya, accompagnée de son oiseau Pipo, quitte la maison en cachette pour aller passer son concours, traversant Shanghai sous les bombardements.

C’est Tuduo, enfant des rues, qui la trouve au milieu des décombres. Tuduo, qui gagne un peu d’argent avec ses numéros d’acrobate, est recherché par Zhu, qui l’exploite et de chez qui il vient de s’enfuir. Tuduo et Yaya vont alors commencer un voyage, à la recherche des parents de Yaya…

Une très belle histoire d’aventure et d’amitié, à hauteur d’enfant, dans le contexte difficile de la guerre sino-japonaise. Les thèmes abordés sont graves mais le ton n’est jamais grave. Les dessins de Golo Zhao sont très lisibles, colorés et apportent beaucoup de charme aux aventures de Yaya, Tuduo et Pipo. A lire dès 8-9 ans, et après!

6 tomes de cette BD sont déjà parus, 6 tomes très courts (et très frustrants!), dans un joli format à l’italienne. Deux intégrales sont aussi parues, réunissant 3 tomes chacune, qui ont le mérite d’être un peu plus consistantes…

La balade de Yaya, scénario de Jean-Marie Omont, dessins de Golo Zhao, sur une idée originale de Patrick Marty, éditions Fei.

So.

Les enfants de l’ombre – Beka & Marko

les enfants de l'ombreMaître Wang, peintre et calligraphe, cherche un endroit tranquille où s’installer pour pratiquer son art. En pays Miao, au sud de la Chine, il rencontre Bayang, qui lui propose une maison où s’installer. Maître Wang se prend d’amitié pour les deux petites-filles de Bayang, et propose de leur apprendre à lire et à écrire. Mais l’ambiance au village est assez mystérieuse : brume qui apparait et disparait soudainement, enfants qui courent se cacher dans la montagne…

L’air de rien, on apprend plein de choses en lisant cette bd, sans que cela soit lourd : la vie du peuple miao, l’art de la calligraphie, et surtout, les conséquences de la politique de l’enfant unique en Chine… Dessin un peu rond, scénario simple et intelligent, c’est une bd bien agréable à lire, à partir de 9/10 ans. Et pour un aperçu, on peut en lire les premières planches ici.

C’est le 3ème album de la collection Géo BD, collection lancée il y a 2 ans par  Dargaud en collaboration avec le magazine Géo, qui promet de « nous faire découvrir la vie quotidienne dans les plus beaux endroits de la Terre ». Sont déjà parus Le crochet à nuage, une aventure en pays dogon, et La conteuse des glaces, en pays inuit, par les mêmes auteurs, et qui ont l’air tout aussi intéressants!

Les enfants de l’ombre : une aventure en pays miao, de Béka et Marko, édité par Dargaud, collection GéoBd.

So.

Cul de sac – Richard Thompson

cul de sac« Préface de Mo Willems, élu meilleur auteur de livres pour enfants par le New York Times ». Mo Willems, l’auteur des Guili Lapin… Je suis faible, j’avoue, cette phrase sur la couverture a suffi pour que j’emprunte cette BD.

Et je ne l’ai pas regretté. Dans sa (très drôle) préface, donc, Mo Willems dit ceci : « Tout dessinateur digne de ce nom sait qu’après les Peanuts de Schulz et le Calvin et Hobbes de Watterson, il ne reste rien de nouveau à faire en bande dessinée sur les gamins de banlieue. Tous sauf M.Thompson, semble-t-il, qui parvient à renouveler le genre en associant une colérique précoce et un misanthrope paranoïaque, dans un monde surréel parfaitement crédible. Grr… »

Tout est dit. La colérique précoce, c’est Alice, la petite fille qui danse sur une bouche d’égout. Le misanthrope paranoïaque, c’est Petey, son grand frère, le rouquin plongé dans sa BD. Et c’est génial! J’ai ri comme pas souvent devant une BD…

Et en plus, Jeux d’enfants est un tome 2. Il existe donc un tome 1! Il s’appelle Sortie de secours, et est paru en 2010… Il y a 3 ans! Mais comment j’ai pu passer à côté pendant si longtemps?

Cul de sac, tome 2 : Jeux d’enfants, de Richard Thompson, traduit par Anne Capuron. Edité par Delcourt, 2012, 127 p.

So.

Black out – Brian Selznick

black outBrian Selznick est l’auteur de L’invention d’Hugo Cabret, un gros roman raconté en mots et en images, dont l’intrigue tourne autour du personnage de Georges Méliès. J’avais beaucoup aimé ce roman, et surtout la façon dont l’histoire est en partie racontée par les dessins, très nombreux, un peu à la manière d’une suite de plans cinématographiques. (Par contre, les ados à qui je l’ai présenté sont peu nombreux à l’avoir apprécié…) Un film en a été tiré en 2011, réalisé par Martin Scorsese.

Black out est son dernier roman, dans lequel la narration est également assurée en partie par les illustrations. Deux histoires se déroulent en parallèle : en mots, celle de Ben, en 1977, et en image, celle de Rose, en 1927. Ben vit chez ses cousins depuis la mort de sa mère. Devenu sourd pendant une nuit d’orage, il s’enfuit pour partir à la recherche de son père qu’il n’a jamais connu. Rose, elle, est une jeune fille sourde qui vit quasi-enfermée chez elle. Elle fugue et part à la découverte de New-York. Et bien entendu, ces deux histoires vont finir par se croiser…

Peut être parce que l’effet de surprise n’est plus là, j’ai été plutôt déçue par ce deuxième roman… Les thèmes abordées sont intéressants (le monde des sourd-muets, les musées new-yorkais…), mais je ne suis pas entrée dans l’histoire, trop invraisemblable, et qui m’a laissée assez indifférente. Dommage…

Black out de Brian Selznick, traduit de l’anglais par Danielle Laruelle, édité par Bayard jeunesse, 636p.

So.

L’ours Barnabé – Philippe Coudray

L'ours Barnabé-Philippe CoudrayIllustration naïve, enfantine. Strip en 6 cases. Très peu de texte. Un ours, un lapin. C’est donc de suite rangé dans les rayons jeunesse des librairies ou des bibliothèques. Erreur fatale!

L’ours Barnabé n’est pas que pour les enfants, il est aussi pour les adultes! Comme peut l’être Mafalda, Calvin et Hobbes, L’ours Barnabé est une BD absurde, drôle et philosophique parfois. Un petit bijou.

En plus, la maison d’édition La boîte à bulles a eu la bonne idée de sortir trois intégrales réunissant tous les strips de l’Ours Barnabé. Oh! La bonne idée.

Pour des raisons de droit d’auteur, je ne mettrais pas de strip sur le blog, mais cliquez donc par ici: Liberté, liberté chérie ou par là: L’amour

L’ours Barnabé de Philippe Coudray, intégrale, t. 1 à 3 publiés aux éditions La boîte à bulles.

Cécile.

Je m’appelle Mina – David Almond

jemappelleminaOu plus exactement : Je m’appelle Mina et j’adore la nuit. Tout semble possible quand le reste du monde est endormi, pour citer le titre complet.

J’ai adoré ce roman très poétique, très fort, ce personnage de Mina : jeune fille d’une dizaine d’année, sensible, curieuse et solitaire, en décalage avec les enfants de son âge, très touchée par la mort de son père, scolarisée à la maison car elle se sentait en prison à l’école. Ce roman est son journal, où elle joue avec les mots, savoure leurs sonorités, apprivoise les évènements en les racontant sous forme d’histoires, invente des « activités hors-pistes »… Sa mère l’accompagne avec une grande compréhension sur son chemin vers les autres. C’est très créatif, complètement à hauteur d’enfant et très profond, bref, j’ai été très touchée par ce livre! Et je serai curieuse d’avoir un avis d’enfant sur ce livre…

Je m’appelle Mina de David Almond, traduit de l’anglais par Diane Ménard, éditions Gallimard jeunesse.

So.